20/05/2008 - journal Sud-Ouest Dordogne :Travail solidaire PDF Imprimer
Nathalie, Guadeloupéenne vivant à Périgueux, est depuis cinq mois une salariée (presque) comme les autres. Employée à la Repasserie, une blanchisserie industrielle, elle bénéficie tout comme ses quinze autres collègues du Plan d'insertion par l'activité économique (lire encadré). « Après une formation et deux contrats d'apprentissage qui se sont soldés par des échecs, j'étais au point de craquer et de rentrer chez moi », se souvient Nathalie.
Après un premier contrat de trois mois, elle a été prolongée. Et cela change tout pour elle : « Je n'ai plus de problèmes de loyer, j'arrive à me faire plaisir de temps en temps et je me suis inscrite pour passer mon permis de conduire. »


Portes ouvertes. Entrant dans le cadre du Grenelle de l'insertion, la Repasserie avait donc ouvert ses portes afin de présenter son mode de fonctionnement. « C'est un défi militant. Il faut jouer entre l'équilibre des personnes et celui des comptes », argumente Élisabeth Cany-Schmitz, secrétaire du conseil d'administration.
En Dordogne, 34 structures ont joué la carte de la solidarité, et accueillent 3 500 personnes. Ces salariés bénéficient en outre d'un accompagnement social et professionnel. Une manière de leur redonner confiance et goût au travail tout en leur (re) apprenant les contraintes d'un emploi.
L'IAE pouvant vite se révéler complexe, cette journée a permis de mettre en avant son but, résumé par Jean-François Tallec, préfet de Dordogne : « Une personne, déstructurée par la perte de son emploi, va se structurer à nouveau en en retrouvant un. »


Économie. Et ce système n'est pas de la solidarité pure. « Les 34 structures ont réalisé un chiffre d'affaires de 5,5 millions d'euros. Pour la région entière, ce programme bénéficie de 21 millions d'aides. Mais nous avons 2 millions de cotisations sociales, 3 millions d'impôts, et une économie de 63 millions que l'État aurait dû verser à ces personnes si elles étaient au chômage », détaille Patrick Berthau, directeur du travail. Soit 47 millions injectés dans le monde économique.
Passé le désespoir, Nathalie a retrouvé le sourire. Avec un peu de chance, elle aura bientôt pignon sur rue à Périgueux et réalisera son rêve : « Ouvrir un magasin de chaussures et de vêtements, avec des choses que l'on ne trouve pas ici. »
 
 

Actualité

Les discriminations ... : parlons-en !

Pourquoi et comment les entreprises de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) peuvent agir en faveur de la non-discrimination et de la diversité.

Lire la suite...