15/07/2008 - journal libération - Autopartage: l'expérience bordelaise réussie PDF Imprimer

DEPLACEMENTS - De deux à dix stations en un an. A Bordeaux, AutoComm, projet 100 % associatif né en 2001 à l’initiative de trois amis décidés à partager la voiture de l’un deux, a vivoté jusqu’en 2006, avec à peine 15 personnes au compteur. Et puis la formule a pris d'un coup. Elle gère désormais 12 véhicules, 130 adhérents, et espère atteindre 1 000 personnes, pour 50 voitures, en 2010. «Il y avait plusieurs contraintes,D’abord, Bordeaux était l’une des villes les plus motorisées d’Europe. L’urbanisme y est très étalé. Et, pour l’échange des clés, il fallait systématiquement se rendre chez l’utilisateur précédent. Ce n’était pratique du tout.» explique son responsable, Nicolas Guenro.

Avec les bornes et les cartes magnétiques, l’utilisation devient simplissime : une réservation par Internet ou par téléphone, un saut à la station la plus proche, et il suffit d’ouvrir les portières avec le badge, pour prendre les clés dans la boîte à gants.

Les utilisateurs sont séduits. «C’est souvent au moment de renouveler sa voiture que la question se pose,Il s’agit avant tout d’une décision économique et pratique. Même si l’écologie est présente, elle arrive clairement en dernier.» L’abonnement est de 200 euros par an, plus 10 euros par mois. L’utilisateur peut choisir le véhicule, de la citadine à l’utilitaire : il sera facturé en fonction du temps et du kilométrage. Les responsables estiment ainsi à 10 euros (essence comprise) une course de deux heures, et à presque 60 euros une journée à la plage. récapitule Nicolas Guenro.

Jean-Christophe a fait ses comptes. C’est ce que lui coûtait sa vieille voiture, «les soucis en moins et la fiabilité en plus». Il utilise l’autopartage une ou deux fois par semaine, «pour aller faire mes courses, ou voir ma famille hors de la ville». Soit environ 100 euros par mois. Catherine avait renoncé à être motorisée. Mais elle retape sa maison et doit transporter des matériaux. «Pour les petits déplacements, c’est vraiment le plus intéressant.» Plus de stationnement, ni de réparations. «Ma principale question était sur la disponibilité des voitures, pointe Jean-Christophe. Etre sûr d’en avoir une lorsque j’en ai besoin. En cinq mois de pratique, ça a pour l’instant toujours été le cas.»

 

 
 

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