06/06/2008 - APS: La Gironde mise de l'économie solidaire PDF Imprimer
Jean-Luc Gleyze

La Gironde mise sur l'économie solidaire

Le secrétaire général de la mairie de Captieux a fait du chemin en quatre ans. Elu aux cantonales en 2004, il prenait alors la présidence de la commission de l'économie du Conseil général de la Gironde. Quatre années plus tard, li est nommé président du Département, en charge de l'économie solidaire.

APS :
Vous êtes le nouveau vice-président du Conseil général de la Gironde, en charge de "l'économie solidaire". Cette vice-présidence s'appelait jusque-là "économie, emploi" : que traduit le changement de dénomination ?

Jean-Luc Gleyze:
Cela traduit d'abord la volonté de faire tra-vailler en liaison deux anciennes vice-présidences départe-mentales : une consacrée à l'économie et l'autre à l'insertion. En clair, il s'agit de lier l'économique et le social de manière à favoriser l'insertion par l'économique. Parler d'économie solidaire permet de décliner nos politiques publiques : volon-té d'une politique soildaire envers les territoires, notamment ruraux ; solidarité envers les entreprises, en particulier les TPE et les petites PME ; solidarité, enfin, envers les publics les plus fragiles par le biais de cette idée d'insertion. La soli-darité, c'est aussi notre implication dans la mise en place de groupements d'employeurs, en aidant les entreprises à se doter de compétences en leur sein tout en permettant à des personnes de trouver un emploi.

APS:
Cette semaine, dans le cadre du Salon de l'entreprise, vous présentiez un bilan du dispositif départemental Créagir. Quelles sont les grandes lignes de ce bilan ?

Jean-Luc Gleyze:
Créagir est un dispositif qui existe depuis près de 12 ans et qui a explosé ces dernières années. Lorsque je suis arrivé en 2004 et que j'ai pris la présidence de la commis-sion de l'économie, nous en étions à peu près à un demi-million d'euros de consommation annuelle de crédits sur Créagir. Aujourd'hui, nous sommes à 1,3 million d'euros. 250 entreprises ont été aidées en 2007. En 12 ans, plus de 3 000 emplois ont été créés par les entreprises qui ont bénéficié du dispositif. Avec un taux de pérennité de 85% pour ces entreprises, ce qui atteste de la pertinence et de la solidité du dispositif. A la différence des aides traditionnelles, les dossiers sont examinés par un comité d'experts composé de la direction du travail, de la DRCA, des chambres consulaires, de la Banque de France, de la Trésorerie générale, de l'URSCOP et, bien sûr, du Conseil général. Ce comi-té d'experts examine cas par cas les dossiers, de manière très contextuelle, en s'intéressant au porteur du projet, à son par-cours, à la pertinence de la création d'activité, à la faisabilité éco-fornique, à la concurrence... Une approche qui explique le très bon taux de pérennité des entreprises aidées.
 
APS :
Quelle est la typologie des entreprises bénéficiaires ?
 
Jean-Luc Gleyze:
A 80%, il s'agit d'entreprises rurales. A 20%, elles sont issues de zones urbaines que l'on peut quali-fier de difficiles. Sur cet ensemble, la part de RMistes et de demandeurs d'emploi qui choisissent la voie entrepreneuria-le pour sortir d'une situation de précarité est de plus en plus importante. Les activités créées concernent l'artisanat, le commerce, les services aux personnes, mais aussi les services aux personnes, mais aussi les services aux entreprises. d'une ma,ière générale, il s'agit plutôt de TPE, bien que quelques dossiers concernet des entreprises u  peu plus importantes.
 
APS:
Vous avez annoncé le lancement d'un club des bénéficiaires de Créagir. Quelles en est la finalité ?

Jean-Luc Gleyze:
Au départ, la plupart des bénéficiaires n'ont pas forcément une culture entrepreneuriale et ont très souvent du mal à trouver les bonnes portes où frapper au cours des dif¬férentes étapes qui mènent à la création d'entreprise, ll existe un besoin d'accompagnement, en amont des services que peut apporter notamment le réseau consulaire. Marqué par les diffi¬cuités qu'il avait lui-même rencontrées, un ancien bénéficiaire du dispositif Créagir, Christian Weinberg, nous a fait la propo¬slilon de mettre en place un club des bénéficiaires. Une trentai¬ne de chefs d'entreprise également issus du dispositif ont déjà marqué leur intérêt pour ce club qui aura un statut associatif. La structure juridique devrait être créée à l'automne.

APS:
Vous avez aussi annoncé la création d'un nouveau prix Créagir "Agenda 21". Quel est l'objectif ?

Jean-Luc Gleyze:
Chaque année, dans le cadre de Créagir, nous organisons une remise de trophées qui récompensen des entreprises particulièrement représentatives ou présentant un parcours remarquable. Le palmarès est ouvert à plusieurs catégories : femmes, demandeurs d'emploi, RMistes, créa-teurs, repreneurs. Par ailleurs, trois trophées sont remis au titre du développement durable : un pour le volet économique, un autre pour le volet social et le troisième pour le volet environ¬nemental. Dans le cadre de l'Agenda 21 départemental, nous allons, dès la prochaine édition de la remise des trophées, début 2009, remettre trois prix dotés respectivement de 5 000, 3 000 et 1 000 euros, à trois entreprises qui croiseraient les trois critères économique, social et environnemental.

APS:
Plus en retrait par le passé, le Conseil général semble ne plus répugner à parler d'économie et à agir sur le terrain économique aujourd'hui. Quelle est la motivation de cette évolution ?
 
Jean-Luc Gleyze:
Pour ce qui me concerne, je connais le Département de l'intérieur depuis 4 ans. Le Département a pu se poser la question de sa place clans le domaine économique qui ne constitue pas une de ses compétences obligatoires. En l'occurrence, la compétence relève de la Région. Quand je suis arrivé il y a quatre ans, la question était effectivement posée. A l'époque, le budget était constitué d'une déclinaison de dispo¬sitifs, sans axe politique fort. Le Département devait trouver sa place. Pas prendre la place des autres, simplement trouver la sienne. Pendant quatre années, en tant que président de la commission de l'économie, je me suis appliqué à orienter, en plein accord avec le président Phiilppe Madrelle, une politique économique qui ait vraiment du sens, en complémentarité avec l'action de la Région. Et c'est cette idée de solidarité éco¬fornique que nous avons développée. Une idée que l'on trou-ve aussi dans la mise en place d'un prochain schéma de zones d'activités et d'infrastructures d'accueil d'entreprises afin de rééquilibrer les territoires.

Propos recueillis par Joël DAUGA

 
 

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