02/06/2008 - journal Sud Ouest Gironde : Du social au rabais PDF Imprimer
C'est la première fois depuis trente ans, qu'une association de travailleurs sociaux disparaît ainsi », témoignait samedi, aux côtés d'une centaine de manifestants, Lucien Servin. Formateur à l'IRTS de Talence (institut régional des travailleurs sociaux), et candidat communiste à la cantonale partielle de Talence, il venait soutenir, comme la députée Michèle Delaunay, l'association de réponses éducatives et sociales dans le champ judiciaire (ARESCJ).
« Nous exerçons des missions de prévention en matière de récidive, explique Nadège Ducos, psychologue au sein de l'association. Aujourd'hui nous sommes menacées de disparition faute de moyens », assure-t-elle. « Nous intervenons sur mandat de justice, ce qui a lieu de moins en moins souvent puisque les réponses répressives sont privilégiées par rapport à la prévention », présente Nadège Ducos.
« Baisse de qualité ». Face à un financement qui se réduit aussi comme peau de chagrin, l'association loi 1901 est aujourd'hui en situation de déposer le bilan. « Nous ne travaillons qu'avec des professionnels. Mais le ministère refuse de nous payer au prix réel. Du coup, si nous continuons, il faudra employer des personnes moins formées, d'où une baisse de qualité dans nos missions ». « Nous avons le soutien des deux syndicats de magistrature », souligne Nadège Ducos. Présents également, les étudiants de l'IRTS, qui après avoir entamé leur propre mouvement ces derniers jours, ont rejoint le cortège de l'ARESCJ ce week-end.
« Nous soutenons l'ARESCJ, car au final c'est toute la profession des travailleurs sociaux qui est mise à mal », explique Audrey Desfougères, en première année à l'IRTS.
Mouvement unitaire. « On est dans une philosophie de répression, au lieu de la prévention. C'est à l'inverse des principes du travail social, estime Lucien Servin. En tant qu'éducateur, je ne peux que m'insurger contre cette politique. Aujourd'hui, l'État se désengage de ses missions, sans apporter aux conseils généraux les financements appropriés. C'est une vraie casse du travail social qui est mis en ?uvre. » Seconde politique présente dans le cortège, la députée Michèle Delaunay estime, elle, que « l'accompagnement social, en sortir de prison ou dans des peines alternatives, doit être une priorité au vu de la surpopulation carcérale. Des initiatives comme celles portées par l'ARESCJ doivent être soutenues et non réduites. »
Un mouvement « appelé à continuer », assure Nadège Ducos. « Car cela concerne l'éducation, les magistrats, les politiques, prévient-elle. Ce n'est que le début, l'action va se généraliser. »



 
 

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