05/06/2008 - journal Sud Ouest Gironde : Le Crédit Solidaire PDF Imprimer
Mitake Kayed se présente au stand de l'Association pour le droit à l'initiative économique (ADIE), installé dans la galerie commerciale de Carrefour. La jeune femme lormontaise profite de sa présence dans le cadre de la semaine du microcrédit (1) et accepte notre présence « à condition de ne pas révéler mon projet ». Plus exactement l'un des deux, moins commun, convient-elle, que « la commercialisation de produits féminins ».
« Nous pouvons financer un prêt jusqu'à 10 000 euros à des porteurs de projet exclus du système bancaire », explique Rihane Mouhib, animateur de l'ADIE. Il poursuit : « Avant, nous offrons un accompagnement de façon à monter le projet, voir la situation et les compétences de la personne, pour au final se faire une idée de la faisabilité. » Attentive, la commerçante potentielle se sent un peu rassurée : « Ah, c'est intéressant parce que moi, des choses comme le prévisionnel, ça me fait peur ». « Trois sur quatre entreprises plongent par manque d'accompagnement », souligne l'ADIE.


Évaluer les risques. « On part du principe que tout projet mérite d'être étudié. Et s'il peut se concrétiser, nous veillons à ce que le risque d'endettement soit le minimum », rassure Grégoire Theunynck, un autre animateur de l'association. Dans le propos de la visiteuse, Il a déjà pointé la nécessité qu'elle réalise « une petite enquête pour évaluer l'intérêt des gens, leur besoin, le budget qu'il consacrerait ».
Mitake Kayeb repart avec l'intention de prendre un rendez-vous avec l'association, qui a quitté Bordeaux il y a un an et demi pour venir s'installer à Lormont. Une implantation en adéquation avec un territoire où l'on trouve de nombreuses personnes en situation de précarité. Le microcrédit est pour elles l'un des rares moyens de mettre leurs idées d'activité économique en pratique, « insuffisamment connu du grand public ».


Réseau. « Au terme des deux premières années d'existence, le taux de pérennité en microcrédit est de 66 %, supérieur aux entreprises bénéficiant d'un financement classique », rapporte Grégoire Theunynck. Pour expliquer cette réussite, l'association dit « s'appuyer sur un réseau, des experts comptables et des avocats » venant en complément, par exemple des retraités du monde des affaires.
Ces études préalables, sérieuses, font des déçus. Mais elles leur évitent sans doute de se retrouver dans une situation aggravée. Sur les 750 dossiers que l'ADIE a instruits en 2007 sur le département, 378 ont débouché sur l'obtention d'un microcrédit. Plafonné à 10 000 euros, le taux du prêt est de 7,43 % (dont 5 % à titre de contribution de solidarité pour les futurs créateurs) sur une première moitié remboursable les deux premiers mois. L'autre est à taux zéro.
(1) Jusqu'à samedi, au centre commercial des Quatre pavillons. Tél. 05 56 38 24 64.
 
 

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